31.10.2009
Pour un Empire Européen ?
Si on suit les travaux et publications récents, les reflexions sur l'Empire ne vont pas loin (voire pas du tout loin). Toutefois, une première tentative a été posé au crépuscule du XXe siecle par Pierre Chaunnu (mort récemment) et Jean Tulard, qui ont mis en lumière certains moments capitaux des Empires et une historiographie politique du concept d’Empire soit une une généalogie du concept d’empire ; mais aussi bien avant de Nietzsche à Carl Schmitt, en passant par Kantorowicz, où s'est développée une philosophie politique incorporant le concept d’empire.
Le concept d'Empire est un concept politique tout aussi important que d'autres tels que monarchie, république, fédération, ect. La question de l'Empire n’est pas nouvelle : Montesquieu dans ses Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence. Pour lui, il y a une véritable fracture entre la république et l’empire. La première coinciderait à la grandeur de Rome ; la seconde, à sa décadence. La thèse, faute de pouvoir ici la résumer, a été mis à mal par Hannah Arendt, et par l'histoire, l'émergence de la république hégémonique, les Etats-Unis d'Amérique, et par les Etats-Nations colonials européens.
Le concept d'empire se confond-t-il avec l'impérialisme ou l'hégémonie ? Certains répondent oui mais sur des registres différents, d'autres non également sur des registres tout aussi différents. Tandis que Peter Sloterdijk regrette le manque d’audace de l'Europe pour former un Empire, d'autres craignent que l’Empire est le résultat de la crise de l’État-nation ou au contraire la volonté hégémonique d’un État particulier.
Bref, cette idée de l'Empire comme modèle de l'Europe, la revue Commentaires l'avait suggèré et esquissé sur celui Saint-Empire romain germanique (avec aussi des ligues hanséatiques comme autre modèle). En voilà une bonne nouvelle. Le charme européen peut reprendre de plus belle afin de mieux penser l'Europe.
Un empire européen non contraire à la démocratie et solidaire de la fédération, voilà la redoutable tache qu'il faut se poser. Alain de Benoist s'y essaye :
L’Europe a besoin pour exister d’une unité politique. Mais cette unité politique ne peut se bâtir selon le modèle national jacobin, sous peine de voir disparaître la richesse et la diversité de toutes les composantes de l’Europe, pas plus qu’elle ne peut résulter de la seule supranationalité économique, dont rêvent les technocrates de Bruxelles. L’Europe ne peut se faire que selon un modèle fédéral porteur d’une idée, d’un projet, d’un principe, c’est-à-dire en dernière analyse selon un modèle impérial.
Une fédération doit certainement générer un espace public commun dont la légitimité passe par une certaine dose d'homogénéité culturelle, c'est à dire la res publica, et politique, l'empire.
Benoît Pélopidas aussi :
Ainsi, au XVIIIème siècle, alors que les empires espagnols, français et anglais entrevoient une période de déclin, Turgot, Adam Smith ou le comte de Aranda en Espagne dessinent cette logique de la fédéralisation qui remplace la subordination militaire et politique par un lien culturel.
En définissant l’Etat comme une « entreprise politique de caractère institutionnel », Max Weber nous propose une piste féconde : la compatibilité au moins relative entre Etat et empire peut être évaluée au niveau des projets politiques. Ce sont précisément les projets des néoconservateurs américains et des néo-eurasistes russes qui nous occupent dans L’Empire au miroir, ainsi que leur influence sur la politique étrangère des deux Etats. Cette perspective nous interdit d’éluder la question de l’empire ou de la réduire à un ornement pour le titre de l'ouvrage.
Tout en continuant :
Notre définition de l’empire soit « l’actualisation permanente par une communauté politique du récit de sa vocation historique ; ladite communauté épouse la contrainte d’une expansion indéfinie assimilée au tout du monde, auquel elle impose la paix et propose de s’associer au projet de transformation du monde qu’elle apporte », plusieurs points de convergence se dessinen
Bibliographie :
Montesquieu, Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence
Gibbon, Histoire du déclin et de la chute de l’Empire romain
Thierry Ménissier, L’idée d’empire dans la pensée politique, historique, juridique et philosophique, actes du colloque de Grenoble, Paris, L’Harmattan, coédition avec l’Université Pierre Mendès France, collection « La Librairie des Humanités », 2006, 280 pages. L'introduction de cet ouvrage est lisible en PDF à partir de sa page de l'Université : http://sh.upmf-grenoble.fr/tmenissi/0/fiche_UFRSH__annuai...
Peter Sloterdijk, Si l'Europe s'éveille. Réflexions sur le programme d'une puissance mondiale à la fin de l'ère de son absence politique, Mille et une nuits, 2003.
Philippe Forget et Gilles Polycarpe, L’homme machinal. Technique et Progrès : anatomie d’une trahison, Syros - Alternatives, 1990; Idem, Le réseau et l'infini. Essai d'anthropologie philosophique et stratégique, Économica, 1997.
Article :
Alain de Benoist, L’idée d'Empire
Emmanuelle Jouannet, « La disparition du concept d'Empire »
Benoît Pelopidas, « Quelle pertinence la notion d’empire peut-elle avoir pour comprendre les Etats-Unis et la Russie du XXIème siècle? »
Florent Parmentier, L'empire russe et le nationalisme hégémonique
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27.10.2009
Europe, bibliographie et guide pratique

Permettez moi de communiquer, suite à la demande d'un lecteur, 12 plumitifs européens vivants qui ont donné leurs regards de l'Europe. Je placerais bientôt des articles tout à fait pertinents et intéressants sur l'Europe. N'oublions pas que les auteurs ci-dessous nous font découvrir de grandes figures anciennes ; et aussi cette bibliographie du site "Esprit-Européen" plus vaste que la mienne.
Bibliographie sélectif :
Jacques Le Goff, La vieille Europe et la nôtre, Seuil, 1994 ; La civilisation de l'Occident Médiéval, Flammarion, 1997 ;
Rémi Brague, Europe, la voie romaine, Criterion, Paris, 1992, 189 p. - 2e éd. revue et augmentée, ib., 1993, 206 p. - 3e éd. revue et augmentée, Folio-essais, NRF, Paris, 1999, 260 p.
Jean-François Mattéi, Le Regard vide. Essai sur l'épuisement de la culture européenne, Paris, Flammarion, 2007. Prix Montyon de l'Académie Française en 2008 ; La Barbarie intérieure. Essai sur l’immonde moderne, Paris, PUF, 1999 ; 2e édition augmentée , 2002 ; réédition "Quadrige-Débats", 2004. Prix du Cardinal Mercier 2001 de l'université de Louvain.
Pierre Manent, La Raison des nations (Gallimard, 2006) ; Cours familier de philosophie politique (Fayard, 2001, rééd.Gallimard 2004)
Peter Sloterdijk, Si l'Europe s'éveille : réflexions sur le programme d'une puissance mondiale à la fin de l'ère de son absence politique, Mille et une nuits, 2003
Chantal Delsol, L'État subsidiaire : ingérence et non-ingérence de l'État, le principe de subsidiarité aux fondements de l'histoire européenne, PUF, 1992.
Henri de Grossouvre, Paris – Berlin – Moscou. La voie de l’indépendance et de la paix, L’Âge d’Homme, 2002.
Gérard-François Dumont, Géopolitique de l'Europe, (avec Pierre Verluise), Paris, Sedes, juin 2009 ;
Jacques Dewitte, L’Exception européenne. Ces mérites qui nous distinguent, Michalon, 2008.
Milan Kundera, L'Art du roman ; Les Testaments trahis
Claude Lévi-Strauss, Le Regard éloigné, Paris, Plon, 1983. ; Œuvres, préface par Vincent Debaene ; édition établie par Vincent Debaene, Frédéric Keck, Marie Mauzé, et al., Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2008. (ISBN 978-2-07-0118021) (Ce volume réunit Tristes tropiques ; Le totémisme aujourd'hui ; La pensée sauvage ; La voie des masques ; La potière jalouse ; Histoire de lynx ; Regarder écouter lire avec une bibliographie des oeuvres de et sur Claude Lévi-Strauss).
George Steiner, Dans le château de Barbe-bleue. Notes pour une redéfinition de la culture, Gallimard, 1986.
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16.10.2009
Ecritures de la Politique
PLATON [428-427 - 348/347 av. J.-C.], Le Politique ou De la royauté, 310-311 c, trad. É. Chambry.

L’ÉTRANGER
Voilà les liens dont je disais qu’ils ne sont pas du tout difficiles à former, pourvu que ces deux races aient la même opinion sur le beau et sur le bien. Car toute la tâche du royal tisserand, et il n’en a pas d’autre, c’est de ne pas permettre le divorce entre les caractères tempérés et les caractères énergiques, de les ourdir ensemble, au contraire, par des opinions communes, des honneurs, des renommées, des gages échangés entre eux, pour en composer un tissu lisse et, comme on dit, de belle trame, et de leur conférer toujours en commun les charges de l’Etat.
SOCRATE LE JEUNE
Comment ?
L’ÉTRANGER
En choisissant, là où il ne faut qu’un seul chef, un homme qui réunisse ces deux caractères, et là où il en faut plusieurs, en faisant leur part à chacun d’eux. Les chefs d’humeur tempérée sont, en effet, très circonspects, justes et conservateurs ; mais il leur manque le mordant et l’activité hardie et prompte.
SOCRATE LE JEUNE
Il semble en effet que cela aussi est vrai.
L’ÉTRANGER
Les hommes énergiques, à leur tour, sont inférieurs à ceux-là du côté de la justice et de la circonspection, mais ils leur sont supérieurs par la hardiesse dans l’action. Aussi est-il impossible que tout aille bien dans les cités pour les particuliers et pour l’Etat, si ces deux caractères ne s’y trouvent pas réunis.
SOCRATE LE JEUNE
C’est incontestable.
L’ÉTRANGER
Disons alors que le but de l’action politique, qui est le croisement des caractères forts et des caractères modérés dans un tissu régulier, est atteint, quand l’art royal, les unissant en une vie commune par la concorde et l’amitié, après avoir ainsi formé le plus magnifique et le meilleur des tissus, en enveloppe dans chaque cité tout le peuple, esclaves et hommes libres, et les retient dans sa trame, et commande et dirige, sans jamais rien négliger de ce qui regarde le bonheur de la cité.
SOCRATE
Tu nous as parfaitement défini, à son tour, étranger, l’homme royal et l’homme politique.
Je suis inaltérablement persuadé, que l'entreprise d'opprimer, de dégrader, d'appauvrir, de confisquer et d'éteindre la noblesse originaire, et les propriétaires de terres d'une nation entière, ne peut jamais être justifiée, sous quelque forme que l'on cherche à la masquer. Il ne peut me rester le moindre doute sur la folie et l'absurdité, du projet de changer un grand empire, en un bureau de marguilliers, ou en une association de pareils étalissements, et de le gouverner dans l'esprit qui doit régir l'œuvre d'une paroisse, sous quelque modification, et avec quelques améliorations qu'il puisse être présenté. Je ne crois pas que je puisse jamais être obligé de convenir, que l'on puisse parvenir à trouver un masque,, qui ne soit pas à la fois hideux et destructif, pour en revêtir un plan de gouvernement, qui mettrait les plus éminents pouvoirs, entre les mains de marguilliers et de bédeaux, et d'autres officiers de cette importance en leur donnant pour les guider la prudence des procureurs chicaneurs, et des courtiers juifs, et pour les mettre en action les impulsions de femmes sans pudeur et du dernier rang, des cabaretiers, des souteneurs de mauvais lieux, des apprentis étourdis, des courtauds de boutiques, des perruquiers, des menétriers et des histrions, et toute cette classe, dans une république constituée comme la vôtre, ne manquera pas, par son insolente activité, d'étouffer toute influence de l'incapacité plus modérée des hommes ignorants, mais occupés à des professions utiles, laborieuses et assidues. L'ensemble de ce projet, quand même il se bornerait à ce qui en est présenté aux yeux du public, et que son but secret ne serait pas de parvenir à faire passer, par un si dégoutant canal, une puissance tyrannique, entre les mains d'une demie douzaine, ou peut-être d'un plus petit nombre de politiques intrigants, est en même temps, du côté de son génie, si plat, si vil et si stupide, et du côté et sa méchanceté, si détestable, que je crois devoir considérer les correctifs, au moyen desquels on espérerait le rendre un peu moins impraticable, comme autant de motifs de le combattre.
F. R. DE CHATEAUBRIAND, Le Génie du christiannisme [18802]. IIIe partie, livre II, chap. IV, in Œuvres complètes, ed. Pourrat, vol. XV, p.257-259.
Nous avons fait dans ces derniers temps, un grand bruit de notre science en politique : on dirait qu'avant nous le monde moderne n'avait jamais entendu parler de liberté ni des différentes formes sociales. C'est apparemment pour cela que nous les avons essayées les unes après les autres avec tant d'habileté et de bonheur. Cependant, Machiavel, Thomas Morus, Mariana, Bodin, Grotius, Puffendorf et Locke, philosophes chrétiens, s'étaient occupés de la nature des gouvernements bien avant Mably et Rousseau.
Nous ne ferons point l'analyse des ouvrages de ces publicistes, dont il nous suffit de rappeler les noms pour prouver que tous les genres de gloire littéraire appartiennent au christianisme : nous montrerons ailleurs ce que la liberté du genre humain doit à cette même religion qu'on accuse de prêcher l'esclavage.
Il serait bien à désirer, si l'on s'occupe encore d'écrits de politique (ce qu'à Dieu ne plaise !), qu'on retrouvât pour ces sortes d'ouvrages les grâces que leur prêtaient les anciens. La Cyropédie de Xénophon, la République et les Lois de Platon sont à la fois de graves traités et des livres pleins de charmes. Platon excelle à donner un tour merveilleux aux discussions les plus stériles ; il sait mettre de l'agrément jusque dans l'énoncé d'une loi. Ici ce sont trois vieillards qui discourent en allant de Gnosse à l'antre de Jupiter, et qui se reposent sous des cyprès et dans de riantes prairies ; là c'est le meurtrier involontaire qui, un pied dans la mer, fait des libations à Neptune ; plus loin un poète étranger est reçu avec des chants et des parfums ; on l'appelle un homme divin, on le couronne de lauriers et on le conduit, chargé d'honneurs, hors du territoire de la république. Ainsi Platon a cent manières ingénieuses de proposer ses idées ; il adoucit jusqu'aux sentences les plus sévères, en considérant les délits sous un jour religieux.
Remarquons que les publicistes modernes ont vanté le gouvernement républicain, tandis que les écrivains politiques de la Grèce ont généralement donné la préférence à la monarchie. Pourquoi cela ? Parce que les uns et les autres haïssaient ce qu'ils avaient et aimaient ce qu'ils n'avaient pas : c'est l'histoire de tous les hommes.
Au reste, les sages de la Grèce envisageaient la société sous les rapports moraux ; nos derniers philosophes l'ont considérée sous les rapports politiques. Les premiers voulaient que le gouvernement découlât des mœurs ; les seconds que les mœurs dérivassent du gouvernement. La philosophie des uns s'appuyait sur la religion, la philosophie des autres sur l'athéisme. Platon et Socrate criaient aux peuples : " Soyez vertueux, vous serez libres ; " nous leur avons dit : " Soyez libres, vous serez vertueux. " La Grèce avec de tels sentiments fut heureuse. Qu'obtiendrons-nous avec les principes opposés ?
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03.10.2009
Mec, le Métissage, Mec...
Le premier article de la Constitution de la République est ainsi rédigé :
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.
Qu'est qu'une race ?
En fait, la prohibition du mot race ne dénouerait rien, il est même vain de proscrire son usage. Supposons que l’emploi du mot race était proscrite, rien n’empêcherait les racistes de s'exprimer par d'autres mots.
Le découpage de l’espèce humaine en races est constamment une affaire de convention (en fonction des buts qu’on assigne à une telle classification), mais la différenciation génétique des populations au cours de l’évolution, dans lequel on contaste une fréquence des gènes dans les populations, est quelque chose d’objectif. Donc il n’y a pas de races objectives ou pures, néamoins il y a des différences raciales (objectives) entre les hommes. Affirmation paradoxale qui montre que, au moment où le mot de « race » est enfin pensé avec rigueur, on n’en a plus l’usage...
Qu'est-ce qu'un Blanc ou Européen, demandez-vous ?
C'est une expérience sociale, qui peut être déterminé de manière objective et de manière subjective. Objectivement, être blanc, c'est être perçu comme tel, à travers le regard de l'autre, hypothétiquement discriminant. Subjectivement, être blanc, c'est sentir qu'on est l'héritier de peuples, avec ainsi l'idée d’une transmission héréditaire de caractères physiques, mais aussi mentaux, et de cultures originaires d'Europe, mais qui ont essaimé dans le monde entier. Être européen, en somme, c'est être « en situation », pour reprendre le mot de Sartre.
Qu'est-que c'est le racisme ?
Le racisme consiste à définir un groupe humain à partir d'attributs naturels, visibles ou non, et à en déduire des caractéristiques morales ou intellectuelles qui s'appliquent à tous ses membres, indépendamment de leur personne propre, jusqu'à autoriser à leur encontre des comportements d'exclusion et d'infériorisation pouvant prendre l'allure de violences parfois extrêmes. (Michel WIEVIORKA)
La définition ci-dessus explique bien qu'il peut avoir un avoir un racisme contre les femmes, des groupes religieus tels que les chrétiens...
Et le métissage dans tout ça ?
Le concept d’hybridité/métissage, serait né au 19 ème siècle, a été récupéré, réhabilité et transformé par les penseurs britanniques de la postmodernité, tels que Stuart Hall, Homi Bhabba ou Paul Gilroy, dans les années 1980 et au début des années 1990. En dépit de ses limites conceptuelles, le concept réactualisé a pris racine et a eu son heure de gloire, sous le vocable d’hybridité culturelle, lors de l’arrivée au pouvoir du New Labour de Tony Blair.
Il est aujourd’hui combattu à la fois par ceux qui s’inquiètent de la possible dissolution/disparition des cultures minoritaires au sein d’un vaste ensemble métissé indéfinissable.
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01.10.2009
Réné Guénon
Guénon nait à Blois en France le 15 novembre 1985 et mort au Caire en Egypte, est considéré avec Abelio, comme un des plus important ésotéristes français du XXe siècle. J'ai repris ici, dans ce billet, des commentaires que j'avais écris sur d'autres forums et blogs.
Weber parlait de « déchantement du monde » lorsque le monde traditionelle s'enfoncer dans une différenciation quantitative, ce processus a été justement analysé par Guénon. En effet, l'art, l'espace où l'on habite, sont de nos jours soumis au « règne de la quantité ». Les théories géocentriques sont évacuées par des lois qui nient le mystére et le merveilleux, c'est-à-dire le sacré.
D'autre part, Guénon considère que la tradition et l'ésotérisme, c'est une, même, et seule identification exclusive. Certes, pour moi la tradition est indissociable de la continuité, de la transmission, du maintien mais la modernité dissocie, transforme, et repousse les frontières de l'impossible. Les deux termes ne s'enferment donc pas dans une définition comme il a voulu le faire. De plus avec Guénon, les tensions de l'imaginaire créatrice ou de la nature vivante ne se décèlent à aucun moment et dans aucune situation, qu'on appelle ratio hermetica (Gilbert Durand). Abelio partisan d'une histoire horizontale reproche à Guénon sa définition de la modernité, et de l'intuition illuminative. Abelio a considéré que la raison agissante et créative de Maitre Eschkart a été complètement passé à la trappe. En effet, les tensions de l'imaginaire créatrice ou de la nature vivante ne se décèlent à aucun moment et dans aucune situation chez Guénon. Cette tension s'appelle, comme je le disait tout à l'heure, ratio hermetica.
A ce titre, la plupart des spécialistes ésotéristes considérent que la doctrine de Guénon est un phénomène novateur [sic] dans la tradition et l'histoire ésotérisme occidentale et européen : pour son coté dogmatique ; en effet la tradition ou la Tradition ne correspond pas à une forme de pensée susceptible d'accueillir des doctrines très diverses : effectivement la pensée de Guénon est un ensemble de postulat ayant valeur de dogme.
Guénon valorise les systèmes aristocraties traditionnels tel que ceux imaginés par Platon et non pas par Aristote, ou Nietzsche, pour vomir aléatoirement sur le peuple. Sinon, les valeurs aristocratiques me semblent parfaitement compatibles avec la démocratie, pour cette simple raison que je ne définis pas celle-ci comme la « loi du nombre » comme Guénon le dit, mais comme un système reposant sur la souveraineté du peuple. Historiquement, je pense qu’il existe une complémentarité entre les valeurs aristocratiques et les valeurs populaires, ne serait-ce que leur commune opposition aux valeurs bourgeoises.
D'un certain point de vue, Guénon et Abellio ont le même style d'écriture : pensée abstraite. A la différence de Guénon, Abellio s'intéressa à la pensée occidentale, fut un excellent disciple de Hursel et chercha à concorder la raison de Maitre Eschkart et de Descarte avec l'intellectus de Nicolas de Cues. Abellio n'envisage pas la Tradition avec les Grands initiés mais il reconnait effectivement les enseignements de toutes les formes traditionnelles et çà, selon une logique transcendantale (lié à la phénoménologie Husserlienne). Ce qui diffère d'une tradition ésotérique pensée exclusivement avec les Grands Initiés. Ceci dit, je considère que la logique transcendantale est plus proche du surnaturelle d'Aurobindo que de l'intuition illuminative de Génon.
Référence bibliographique
Jean-Pierre Laurant, René Guénon, Cahier de l'Herne, Le sens caché selon Réné Guénon.
Le Dossier H : Réné Guénon.
Yves Vadé, Ce que modernité veut dire, Volume 1 et 2
Antoine Faivre, L'ésotérisme, Paris, PUF, « Que sais-je ? » ; Accès de l'ésotérisme occidental, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des sciences humaines »), vol. I, 1986, 2e éd., 1996, et vol. II, 1996.
Henry Corbin, L'Imagination créatrice dans le soufisme d'Ibn'Arabî, 2e éd., Flammarion, 1977.
Gilbert Durand, L’Imaginaire. Essai sur les sciences et la philosophie de l’image, Paris, Hatier, 1994 ; L'Imagination symbolique, Paris, PUF, 1964
Jean Servier, Dictionnaire critique de l'ésotérisme, Paris, PUF, 1998 ; L’Homme et l’invisible, Paris, Robert Laffont, 1964.
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26.09.2009
Rouquinoscope : Bryce Dallas Howard

Qui est-ce ? Un coeur couleur Bryce Caynon, et conçu à Dallas...
En effet, il s'agit de Bryce Dallas Howard. Howard comme Ron Howard ou comme Clint Howard.
Actrice, comédienne, américaine, elle nait le 2 Mars 1981, au Texas, en fait à Dallas. Elle est issue d'une famille de tradition cinématique, et après son diplôme en art dramatique, elle a décidé de voler de ses propres ailes dans le Théatre. 
Mais, elle s'engage par la suite au cinéma et signe de nombreux rôles. D'abords elle se fait tout petite, puis avec The Village et Lady in the Water, réalisé par le célébre Manoj Nelliyattu Shyamalan, une actrice née.
A présent, elle continue de privilégier le cinéma en jouant dans Terminator Salvation, The Loss of a Teardrop Diamond, Eclipse (Twilight). A mon avis, ces derniers films ne s'accordéonnent pas à merveille avec ses petis mots suivants :
« En ce moment en tant qu'artiste, je ne veux que faire partie d'œuvres incontournables. Je ne suis pas le moins du monde intéressée par l'accueil public qu'elles reçoivent tant qu'elles sont incontournables. »
Par ailleurs, ses doigts, son visage, son corps, me fascime pour le plus grand de mes plaisirs. Totut ça par le biais des photographes. Et c'est avec bonheur qu'elle se laisse photographier.
Biographie complète, ainsi que ses photos et son univers artitisque à cette adresse : http://www.brycefan.com/

19:21 Publié dans Trop belle pour le Nobel | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : la question rousse, cinématique
10.09.2009
C'était le 10 septembre 1844
(Robert Steukers) – Le sultan du Maroc signe un accord avec la France lors du Traité de Tanger. Il se ménage ainsi une neutralité dans la guerre qui oppose Paris aux insurgés marocains et algériens rassemblés autour de l’Emir Abd el-Kader [photo], chef charismatique, développant une mystique ascétique et guerrière digne d’admiration.
Le sultan, vénal et corrompu, préférait s’allier aux Français plutôt que d’élever son peuple aux principes religieux et militaires prônés par Abd el-Kader. Ce dernier se rendra l’année suivante au général Lamoricière, esprit clairvoyant qui a su admirer à sa très juste valeur l’éthique militaro-religieuse du chef marocain.
Ce rapprochement entre Paris et le sultan du Maroc, plutôt allié de revers des Anglais contre l’Espagne, conduit à une première ébauche d’alliance franco-anglaise contre le reste de l’Europe, ce qui conduira le diplomate Constantin Frantz à démontrer que seuls la Prusse et les empires austro-hongrois et russe sont authentiquement européens : les nations occidentales ont désormais des intérêts extra-européens et ne possèdent plus leur centre de gravité en Europe même (cf. « Constantin Frantz », par Robert Steuckers, in : « Encyclopédie des Œuvres Philosophiques », PUF, 1992).
14:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : traité de tanger, maroc, abd el-kader, constantin frantz, robert steukers
05.09.2009
Ce qui reste du socialisme
Leszek Kolakowski, philosophe polonais mort ce juillet dernier, tirait le bilan suivant du marxisme, en 2002, dans son article Ce qui reste du socialisme, publié dans la revue américaine d’études religieuses First Things. C'est volontiers que je relaye des citations retrancrites du blog I Like Your Style :
Toutes les prédictions importantes de Marx se sont révélées fausses.
Il a prédit […] la disparition de la classe moyenne. […] C’est le contraire qui s’est produit. […]
Il a prédit la paupérisation, non seulement relative, mais aussi absolue du prolétariat. Cette prédiction a déjà été démentie de son vivant. […]
Il a prédit l’inéluctabilité de la révolution prolétarienne. Une telle révolution n’a eu lieu nulle part. La révolution bolchévique en Russie n’avait rien à voir avec les prédictions marxistes. Elle n’a pas été provoquée par un conflit entre la classe ouvrière industrielle et le capital, mais a été conduite sous l’égide d’un slogan dépourvu de tout contenu socialiste, et encore moins marxiste : « La paix et des terres pour les paysans ». Inutile de dire que la réalité ultérieure fut à l’opposé de ce slogan. […]
Quatrièmement, il faut mentionner la prédiction de Marx sur la chute inéluctable du taux de profit. […] Comme les autres, elle a été démentie par les faits. […]
La cinquième croyance marxiste dont la fausseté a été démontrée est la prévision que le marché empêcherait le progrès technique. Il est évident que c’est exactement l’inverse qui s’est produit. […]
Le socialisme, en tant que philosophie sociale ou morale, était basé sur l’idée de la fraternité humaine ; or celle-ci ne peut jamais être instaurée par des moyens institutionnels. […] La fraternité obligatoire est l’idée la plus perverse des temps modernes ; c’est le chemin le plus sûr vers la tyrannie du totalitarisme. Conçu ainsi, le socialisme est l’empire du mensonge. Mais ce n’est pas une raison, cependant, pour renoncer à l’idée de la fraternité humaine. Ce n’est pas quelque chose qui peut être obtenu par l’ingénierie sociale, mais c’est un but qu’il est bon de se fixer. L’idée socialiste est morte en tant que projet pour « une autre société ». Mais, en tant qu’expression de solidarité avec les exclus et les opprimés, en tant que motivation pour rejeter le darwinisme social, en tant que phare qui nous montre le chemin de quelque chose de plus élevé que la concurrence et l’avidité – pour toutes ces raisons, le socialisme (l’idée, pas le système) nous est encore utile.
Vigilant et consciencieux, Kolakowski poursuit en énumérant un certain nombre de points relative aux questions idéologiques du marxisme :
L’une des raisons pour lesquelles le marxisme a été si populaire parmi les classes cultivées, c’est que, sous sa forme simplifiée, il est très facile à maîtriser ; même Sartre a remarqué que les marxistes étaient paresseux.
Grâce à cette théorie, ils avaient enfin une clé qui ouvrait toutes les portes, […] un outil qui permettait de maîtriser toute l’histoire et toute l’économie sans les avoir jamais étudiées.
Soyons sérieux: Leszek Kolakowski présente avec les plus infinies précautions ce qui devrait correspondre au socialisme authentique :
Le socialisme, en tant que philosophie sociale ou morale, était basé sur l’idée de la fraternité humaine ; or celle-ci ne peut jamais être instaurée par des moyens institutionnels. […] La fraternité obligatoire est l’idée la plus perverse des temps modernes ; c’est le chemin le plus sûr vers la tyrannie du totalitarisme. Conçu ainsi, le socialisme est l’empire du mensonge.
Mais ce n’est pas une raison, cependant, pour renoncer à l’idée de la fraternité humaine. Ce n’est pas quelque chose qui peut être obtenu par l’ingénierie sociale, mais c’est un but qu’il est bon de se fixer.
L’idée socialiste est morte en tant que projet pour « une autre société ». Mais, en tant qu’expression de solidarité avec les exclus et les opprimés, en tant que motivation pour rejeter le darwinisme social, en tant que phare qui nous montre le chemin de quelque chose de plus élevé que la concurrence et l’avidité – pour toutes ces raisons, le socialisme (l’idée, pas le système) nous est encore utile.
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04.09.2009
Comment être « conservateur-libéral-socialiste » ?
Leszek KOLAKOWSKI qui nous a quitté brutalement en juillet 2009, à Oxford, était né le 23 octobre 1927 à Random. Historien et spécialiste du marxiste, philosophe, ce polonais a écrit un texte notoire (Commentaire [1], N°4, hiver 1978-1979). Il a pour nom : Comment être « conservateur-libéral-socialiste » ? Je me propose de le commenter.
Un bon conservateur devrait croire fermement :
1) « Qu' une société sans égalité ni liberté d’aucune sorte peut parfaitement exister, mais non pas un ordre social ou régnerait une égalité et une liberté absolues.»
« De la même règle procède la compatibilité entre la planification et le principe d’autonomie, la sécurité et le progrès technique. Autrement dit, il n’y a pas, en histoire, de happy end. »
En effet, et selon Tocqueville, l'égalité doit se limiter à la sphère juridique de manière suivante : tous les individus sont égaux devant la loi ; il n’y a plus de privilèges juridiquement institués ; à la sphère imaginaire : les individus se pensent et se sentent égaux, même si matériellement ils ne le sont pas. Et surtout, cette égalité des conditions ne doit pas impliquer forcément l'égalité réelle, mais plutôt que tout individu peut prétendre en regardant les riches : « pourquoi pas moi ? ». Certes, il y a toujours des riches et des plus pauvres, il y aura toujours des inégalités économique mais une société ne doit permettre un statut héréditaire contraire à la mobilité.
2) « Que nous ne savons pas si diverses formes traditionnelles de vie sociale ― comme les rituels, la famille, la nation, les communautés religieuses ― sont nécessaires pour rendre la vie en société tolérable ou même possible. »
« Cependant, il n’y a pas de raisons de croire que, en détruisant ces formes ou en dénonçant leur caractère irrationnel, nous augmentons nos chances de bonheur, de paix, de sécurité ou de liberté. »
Effectivement, les conservateurs ou conservatistes demandent un Etat, une société respectueuse des traditions. En revanche, l'une des faiblesses de revandications conservatrices sont les contradictions traditionnalistes dès lors que les traditions sont rompues. Ce qui nécessite de ne pas mutiler l'histoire.
3) « Comment toutes ces institutions ont-elles pu voir le jour si elles étaient tellement contraires à la nature profonde de l’homme ? »
« Nourrir l’espoir que l’on pourra institutionnaliser la fraternité, l’amour, l’altruisme, c’est préparer à coup sûr l’avènement du despotisme. »
Tout à fait Thierry !
Un bon libéral devrait croire fermement :
1) « Que l’État ne garantit pas la liberté par une action positive ou en réglementant divers domaines de l’existence, mais en ne faisant rien. En réalité, la sécurité ne peut se développer qu’aux dépens de la liberté. En toute hypothèse, faire le bonheur des gens n’est pas la tâche de l’État. »
Euh... absolument !
2) « Que les communautés humaines sont menacées non seulement de stagnation, mais encore de régression, lorsqu’elles se trouvent organisées de telle manière qu’il n’y a plus place pour l’initiative individuelle et la faculté de création. »
Entièrement d'accord.
3)« Qu' il est hautement improbable qu’une société dans laquelle toute forme de compétitivité a été anéantie puisse conserver les stimulants nécessaires à la faculté de création et au progrès.
« Davantage d’égalité n’est pas une fin en soi, mais uniquement un moyen. En d’autres termes, la lutte pour davantage d’égalité n’a pas de sens si elle se traduit simplement par l’abaissement des privilégiés, et non pas par l’élévation des défavorisés. »
Voir mon (premier) commentaire ci-dessus (de ce billet). Je dirais aussi que la fin de l'égalité est la justice ; et que l'égalité des chances est le synonyme de mobilité sociale, c'est-à-dire que de doner l'espoir aux individus de changer de condition, de place dans la société.
Un bon socialiste devrait croire fermement :
Je trouve pertinent son avis sur le premier point et le troisème point mais le deuxième point est égnigmement problématique. J'en profite pour dire que je soustiens tout forme de démocratie participative ou de démocratie directe. Parce que le pouvoir politique reste pour le moment sous la poigne d’une petite minorité qui s’exprime au nom d’une majorité toujours inexistente. Le régime représentatif masque à savoir une petite oligarchie dirigeant le pays.
1) « Qu'il existe de bonnes raisons de restreindre la liberté des activités économiques dans un souci de sécurité, et d’empêcher que l’argent produise automatiquement davantage d’argent. Mais les restrictions apportées à la liberté devraient être appelées par leur nom, et non pas présentées comme une forme supérieure de liberté. »
2) « Qu’il est absurde et hypocrite de conclure qu’une société parfaite et exempte de conflits étant impossible, l’inégalité sous quelque forme qu’elle existe est évitable, et toutes les façons de réaliser un profit sont justifiées. »
3) « Que la tendance à soumettre l’économie à d’importants contrôles sociaux devrait être encouragée, même au prix d’une extension de la bureaucratie. De tels contrôles, cependant, doivent s’exercer dans le respect des règles de la démocratie représentative. Ainsi, il est essentiel de prévoir des mécanismes contrebalançant la menace que fait peser sur la liberté le développement de ces contrôles eux-mêmes. »
Quant au deuxième point : la vie est un combat, la dispute franche et directe est nécessaire, et je dirais même que nous devons inventer une culture de conflit. L’absence de conflits nous donne l’illusion de vivre hors temporalité. Voilà une des critiques que l'on peut adresser sur l'utopie socialiste ! Mais même si l'on peut-être à la fois pessimiste (anthropologiquement) et conservateur, on peut quant même accepter l'espèrance car il n'implique pas l'abandon de tout conflit, et de tout souffrance.
Conclusion :
« Pour autant que je puisse en juger, ces idées directrices ne se contredisent nullement. On peut donc être un conservateur-socialiste-libéral, ce qui revient à dire que ces trois qualificatifs représentent désormais des options qui ne s’excluent pas mutuellement ».
17:56 Publié dans Post politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : libéralisme, conservatisme, le socialisme pour les nuls, politique, kolakowski
18.08.2009
Le Village Consanguin... de Night Shyamalan
Un film qui laisse à penser que l’œuvre de Night Shyamalan n'est pas aussi bonne que d'habitude mais qui mérite qu’on s’y intéresse. Je ne vous laisse pas que j'étais profondément impressionné et désireux de mieux connaître le fin du récit, de l'ambiance mystérieuse, et du beau village consanguin. Voilà un objet précieux de fantasme, un terrain de hantise.
19:38 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, le village, night shyamalan

